Tous les guides
Freelances9 min

Travailler à son compte en étant retraité, les règles

Un retraité peut exercer une activité indépendante sans limite de revenu s’il remplit trois conditions : âge légal atteint, taux plein, et toutes ses pensions liquidées. Sinon, le cumul est plafonné à 48 060 € ou à 24 030 € par an selon la caisse, et un dépassement suspend la pension.

Mis à jour le .

Illustration : une activité qui se poursuit à la retraite.
Dans ce guide 11 repères

Qu’appelle-t-on cumul emploi-retraite ?

Le fait de percevoir une pension de retraite tout en exerçant une activité professionnelle. C’est parfaitement légal, et deux régimes coexistent aujourd’hui : le cumul intégral, sans plafond de revenu, et le cumul plafonné, où le total de la pension et des revenus d’activité ne doit pas dépasser une limite annuelle.

Une précision de vocabulaire s’impose, parce que les sigles inventés circulent beaucoup sur ce sujet. Il n’existe pas de dispositif portant un acronyme officiel pour les droits créés depuis 2023 : les textes parlent d’une seconde pension, et c’est ce terme que ce guide emploie.

Qui peut cumuler sans plafond ?

Trois conditions doivent être réunies, et elles le sont cumulativement :

Une seule pension laissée de côté suffit à faire basculer en cumul plafonné. C’est l’oubli le plus fréquent chez les personnes ayant eu plusieurs carrières.

Quel plafond en cumul plafonné ?

Le plafond dépend de votre caisse et, dans certains cas, du lieu d’exercice. Il s’exprime en plafonds annuels de la sécurité sociale, fixé à 48 060 € pour 2026.

SituationPlafond annuel
Affilié à la Cnavpl, ou activité en zone France ruralités revitalisation ou zone urbaine prioritaire48 060 € par an, soit un plafond annuel de la sécurité sociale
Affilié à la Cnav, artisans et commerçants24 030 € par an, soit un demi-plafond annuel

Ce plafond porte sur le total, pension comprise, et non sur les seuls revenus d’activité. Un dépassement entraîne la suspension de la pension, comme le rappelle la fiche officielle sur le cumul du statut de retraité et de micro-entrepreneur. Suivre ses encaissements mois par mois n’est donc pas une précaution de confort.

Exemple chiffré. Un artisan retraité affilié à la Cnav perçoit 18 000 € de pension par an. Son plafond étant de 24 030 €, il lui reste 24 030 − 18 000 = 6 030 € de revenus d’activité avant suspension. S’il relevait de la Cnavpl, la même pension lui laisserait 48 060 − 18 000 = 30 060 €.

L’activité crée-t-elle de nouveaux droits ?

Oui depuis le 1er septembre 2023, et uniquement en cumul intégral. Les cotisations versées après la liquidation ouvrent droit à une seconde pension, calculée sur les seules périodes cotisées depuis cette date.

Deux limites encadrent ce droit. D’abord un plafond : le montant annuel de cette seconde pension ne peut pas dépasser 5 % du plafond de la sécurité sociale, comme le fixe l’article D. 161-2-22-1 du code de la sécurité sociale, soit 5 % × 48 060 = 2 403 € par an en 2026, un peu plus de 200 € par mois. Ensuite un caractère définitif : aucun droit ne s’acquiert plus dans un régime de base après le versement de cette seconde pension.

Qu’est-ce qui change au 1er janvier 2027 ?

Beaucoup, et il vaut mieux le savoir avant de fixer une date de départ. L’article 102 de la loi du 30 décembre 2025 supprime la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné pour les personnes dont la première pension de base prend effet à compter du 1er janvier 2027. Dans ce régime, l’âge détermine la règle ; le texte prévoit aussi des exceptions et une transition pour certaines pensions déjà en paiement.

SituationRègle annoncée
Avant l’âge légal de départLes revenus professionnels et de remplacement réduisent la pension dès le premier euro
Entre l’âge légal et 67 ansSeuil annoncé de 7 000 € bruts par an pour les revenus professionnels et de remplacement, à confirmer par décret ; au-delà, la pension est réduite de la moitié du dépassement
À partir de 67 ansCumul intégral avec les revenus professionnels et de remplacement, sans plafond ni réduction

La fiche de Service Public publiée le 22 mai 2026 présente le seuil de 7 000 € comme devant être fixé par décret ; vérifiez le montant applicable avant de vous appuyer sur cette estimation. La loi vise en principe les assurés dont la première pension de base prend effet à partir de 2027 ; une pension de base déjà mise en paiement avant cette date relève de la transition prévue par le texte, sous réserve de ses exceptions. Vérifiez votre situation auprès de votre caisse.

Quel statut choisir pour reprendre ?

La micro-entreprise est le cadre le plus simple pour une activité de complément : formalité de création en ligne, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires encaissé, comptabilité allégée. Les seuils du régime micro s’appliquent comme pour tout le monde, et notre guide dépassement des seuils en rappelle les montants.

Une société a un intérêt différent : elle sépare le patrimoine et permet de moduler la rémunération, donc les revenus pris en compte pour un éventuel plafond. Notre comparatif SASU ou EURL décrit ces deux formes. Le choix dépend du niveau d’activité visé, pas d’une règle générale.

Faut-il encore cotiser ?

Oui, aux mêmes conditions que tout indépendant : cotisations sociales sur le chiffre d’affaires en micro-social, contribution à la formation professionnelle, cotisation foncière des entreprises et contribution sociale généralisée. Notre guide CFE et CFP des indépendants détaille ces deux dernières.

Ces cotisations n’ouvrent des droits supplémentaires que dans le cas de la seconde pension décrit plus haut, et dans sa limite. En cumul plafonné, elles ne créent aucun droit nouveau. L’aide à la création reste envisageable si vous n’en avez pas bénéficié dans les trois années précédentes : la demande se dépose dans les 60 jours, comme l’explique notre guide ACRE.

Quelles démarches accomplir ?

  1. Vérifier sa situation et ses pensions liquidées sur son compte retraite unique.
  2. Créer l’entreprise sur le guichet des formalités des entreprises.
  3. Déclarer la reprise d’activité à sa caisse de retraite dans le mois qui suit le début de l’activité, avec la nature de l’activité, sa date de début et les revenus attendus.
  4. Demander l’aide à la création dans les 60 jours si vous y êtes éligible.
  5. Suivre ses encaissements pour rester sous le plafond applicable, et déclarer chaque année ses revenus à la caisse.

Quelles erreurs reviennent le plus souvent ?

Ce que Plune fait, et ne fait pas

Sources : fiche officielle sur le cumul du statut de retraité et de micro-entrepreneur, présentation de la seconde pension, article D. 161-2-22-1 du code de la sécurité sociale, l’article 102 de la LFSS pour 2026 et l’information officielle sur les règles applicables à compter de 2027, consultés le 25 septembre 2026.

Questions fréquentes

Vos questions sur le cumul emploi-retraite

Une activité de complément, des documents au propre

Dictez le devis, faites-le signer, convertissez-le en facture, et suivez vos encaissements. Essai Pro 30 jours sans carte, puis retour au plan Découverte.

Gestion des cookies

Plune utilise des cookies nécessaires au service. Avec votre accord, nous pouvons aussi mesurer l'audience et les campagnes publicitaires. Le suivi partenaire fait l’objet d’un choix séparé sur le lien partenaire.

Responsable de traitement : Edouard Hue, éditeur de Plune. Détail des cookies, durées et destinataires.