SASU ou EURL, comment choisir sa société unipersonnelle
Deux différences décident presque toujours : le président de SASU est assimilé salarié au régime général et la société est à l’impôt sur les sociétés par défaut, alors que le gérant associé unique d’EURL est travailleur non salarié. Pour son régime fiscal, une EURL dont l’associé unique est une personne physique relève en principe de l’impôt sur le revenu ; une EURL dont l’associé unique est une personne morale relève obligatoirement de l’impôt sur les sociétés.
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Que recouvrent exactement ces deux formes ?
La société par actions simplifiée unipersonnelle est une SAS à associé unique. Cet associé peut être une personne physique ou une personne morale. Elle est dirigée par un président, lui aussi personne physique ou morale, et sa responsabilité est limitée au montant des apports.
L’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée est une SARL à associé unique. Son gérant est nécessairement une personne physique : l’associé lui-même, ou un tiers. Si un second associé entre au capital, l’EURL devient une SARL sans changer de personne morale.
Dans les deux cas, aucun capital social minimum n’est exigé à la création : le montant est fixé librement par l’associé unique. La différence utile n’est donc pas là, mais dans le statut social du dirigeant et dans le régime fiscal par défaut.
Qu’est-ce qui les sépare, point par point ?
| Critère | SASU | EURL |
|---|---|---|
| Dirigeant | Président, personne physique ou morale | Gérant, personne physique |
| Statut social du dirigeant associé unique | Assimilé salarié, régime général | Travailleur non salarié, sécurité sociale des indépendants |
| Assurance chômage du dirigeant | Non couverte | Non couverte |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur les sociétés | Associé unique personne physique : impôt sur le revenu, BIC ou BNC ; personne morale : IS |
| Option inverse | Impôt sur le revenu, cinq exercices non renouvelables | Impôt sur les sociétés, notifié avant la fin du 3e mois de l’exercice |
| Régime micro | Non | Possible à l’impôt sur le revenu, gérant associé unique personne physique, sous les seuils |
| Capital social minimum | Aucun | Aucun |
| Assiette des cotisations du dirigeant | Rémunération versée | Bénéfice à l’impôt sur le revenu, rémunération nette à l’impôt sur les sociétés |
| Dividendes et cotisations sociales | Hors assiette des cotisations | Part au-delà de 10 % du capital, des primes et du compte courant dans l’assiette |
Les taux de cotisations ne figurent volontairement pas dans ce tableau. Ils dépendent du niveau de rémunération, de l’activité et de la caisse de retraite : les écarts de « 75 % » et de « 45 % » que l’on lit partout ne correspondent à aucun barème officiel unique. Les deux fiches de cotisations, SASU et EURL, donnent les assiettes réelles.
Quel statut social pour le dirigeant ?
En SASU, le président relève du régime général de la sécurité sociale avec le statut d’assimilé salarié. Les cotisations dues par la société pour son président sont celles d’un salarié cadre, à l’exception de l’assurance chômage. Ses cotisations sont calculées sur la rémunération effectivement versée : sans rémunération, il n’y a ni cotisation, ni droit acquis sur l’année.
En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié et relève de la sécurité sociale des indépendants. L’assiette dépend du régime fiscal : la totalité du bénéfice lorsque l’EURL est à l’impôt sur le revenu, le chiffre d’affaires en régime micro-social, la rémunération nette du gérant lorsque l’EURL a opté pour l’impôt sur les sociétés. Les cotisations versées pour le compte du gérant sont déduites du résultat fiscal de la société.
Dans les deux formes, le dirigeant n’est pas couvert par l’assurance chômage au titre de son mandat. C’est un point à traiter à part, pas un argument en faveur de l’une ou de l’autre.
Quel impôt s’applique par défaut ?
La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés dès sa création. Le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique sur la fraction de bénéfice allant jusqu’à 42 500 €, pour les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas dix millions d’euros et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Une option pour l’impôt sur le revenu est ouverte pendant cinq exercices non renouvelables, à une société de moins de cinq ans, de moins de cinquante salariés, dont le chiffre d’affaires ou le total de bilan reste sous dix millions d’euros.
L’EURL dont l’associé unique est une personne physique relève au contraire de l’impôt sur le revenu : le bénéfice est imposé au nom de l’associé, en bénéfices industriels et commerciaux ou en bénéfices non commerciaux. L’option pour l’impôt sur les sociétés se notifie au service des impôts avant la fin du troisième mois de l’exercice concerné. Quand l’associé unique est aussi gérant et personne physique, le régime micro reste accessible sous les seuils de 203 100 € en vente et hébergement et de 83 600 € en prestations de services et activités libérales.
Comment sont traités les dividendes ?
À l’impôt sur les sociétés, les dividendes versés à l’associé sont imposés soit au prélèvement forfaitaire unique, soit au barème progressif après un abattement de 40 %. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique s’élève à 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la contribution sociale généralisée ayant été relevée de 1,4 point.
La différence décisive est ailleurs. L’article L131-6 du code de la sécurité sociale inclut dans l’assiette des cotisations du travailleur indépendant la part des revenus distribués qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant, appréciés au dernier jour de l’exercice précédant la distribution. Ce mécanisme vise le gérant majoritaire ou associé unique d’EURL, pas le président de SASU.
Conséquence pratique : en EURL à l’impôt sur les sociétés avec un capital modeste, l’essentiel d’un dividende retombe dans l’assiette des cotisations sociales. En SASU, le dividende reste hors de cette assiette, mais il ne crée aucun droit social non plus.
À quoi ressemble un calcul concret ?
Prenons une société à l’impôt sur les sociétés, sans rémunération versée au dirigeant, qui dégage 40 000 € de bénéfice et remplit les conditions du taux réduit. L’impôt est de 40 000 × 15 % = 6 000 €. Le résultat distribuable est de 34 000 €.
Si cette société est une SASU et que l’associé retient le prélèvement forfaitaire unique, il verse 34 000 × 31,4 % = 10 676 €, et perçoit 23 324 € nets. Aucune cotisation sociale n’est due sur ce dividende, et aucun droit à retraite n’est acquis par ce biais.
Si c’est une EURL au capital de 1 000 €, sans prime d’émission ni compte courant, le seuil de l’article L131-6 s’établit à 1 000 × 10 % = 100 €. Les 33 900 € restants entrent dans l’assiette des cotisations du gérant, en plus de leur imposition. Le montant exact des cotisations dépend des taux applicables à sa situation, que seul le simulateur de l’Urssaf permet d’approcher : il n’est pas présenté ici sous forme de chiffre unique.
Comment trancher dans votre cas ?
Trois questions suffisent le plus souvent, et aucune ne se règle par un seuil de chiffre d’affaires.
- Comment voulez-vous vous payer ? Une rémunération régulière place la SASU et l’EURL sur des assiettes très différentes. Une distribution de dividendes ramène au mécanisme de l’article L131-6, qui ne joue qu’en EURL.
- Quelle protection sociale visez-vous ? Le président de SASU relève du régime général, le gérant d’EURL de la sécurité sociale des indépendants. Comparez les deux couvertures, pas les taux affichés.
- Vos premiers exercices seront-ils déficitaires ? L’impôt sur le revenu, régime par défaut de l’EURL, remonte le résultat sur la déclaration de l’associé. L’option inverse existe des deux côtés, mais elle est enfermée dans des délais.
La fiche officielle sur le choix de la forme juridique reste le point de départ. Un avis d’expert-comptable avant l’immatriculation coûte moins cher qu’un changement de forme après deux exercices.
Comment se passe la création ?
La démarche est identique pour les deux formes : rédaction des statuts, dépôt du capital, publication d’une annonce légale, puis dépôt du dossier sur le guichet des formalités des entreprises, seul point d’entrée depuis 2023. Les coûts annexes, annonce légale et honoraires, varient selon le département et le prestataire : ce guide ne les chiffre pas.
Ce que Plune fait, et ne fait pas
- Vos documents commerciaux. Devis, factures, factures d’acompte et avoirs, avec les mentions de votre société et une numérotation propre à chaque série.
- Vos exports. Un export FEC du journal des ventes, à faire valider par votre expert-comptable, et des exports CSV par liste.
- Ce que Plune ne fait pas. Aucun calcul d’impôt sur les sociétés, aucun calcul de cotisations sociales, aucune liasse fiscale, aucun conseil sur le choix entre SASU et EURL.
Sources : fiches officielles SASU, EURL, fiscalité de la SASU, fiscalité de l’EURL, cotisations de l’EURL, et article L131-6 du code de la sécurité sociale, consultées le 11 septembre 2026.
Vos questions sur la SASU et l’EURL
Quelle que soit la forme, les documents restent les mêmes
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