Calculer son TJM de freelance : méthode et exemple chiffré
Votre tarif journalier se calcule en trois temps : le revenu que vous visez, le chiffre d’affaires nécessaire pour l’atteindre une fois les cotisations payées, puis la division par le nombre de jours que vous facturez réellement. Pour une activité libérale non réglementée en micro-entreprise, les cotisations sociales représentent 25,6 % du chiffre d’affaires en 2026.
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Quelle est la formule ?
Elle tient en une ligne : tarif journalier = chiffre d’affaires cible ÷ jours facturables. Toute la difficulté porte sur les deux termes, qui se construisent chacun à partir de vos propres chiffres.
Le chiffre d’affaires cible
Partez du revenu que vous voulez dégager avant impôt sur le revenu, ajoutez vos charges d’exploitation de l’année, puis remontez au chiffre d’affaires qui reste après cotisations. En micro-entreprise, les cotisations sont un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, ce qui rend le calcul direct. Pour 2026, la fiche officielle sur les cotisations du micro-entrepreneur retient :
- 12,3 % pour la vente de marchandises et la fourniture de logement.
- 21,2 % pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux.
- 23,2 % pour les professions libérales affiliées à la Cipav.
- 25,6 % pour les activités libérales non réglementées relevant des bénéfices non commerciaux.
Ces taux ne comprennent pas l’impôt sur le revenu, dû en plus, ni la cotisation foncière des entreprises. Si vous relevez d’un autre régime, société ou réel, la formule reste la même mais la conversion entre résultat et cotisations passe par votre expert-comptable.
Les jours facturables
C’est le terme le plus souvent surestimé. Retenir 220 jours revient à supposer que la prospection, l’administratif, la formation et les creux d’agenda n’existent pas. Une construction possible, à adapter :
| Poste | Jours |
|---|---|
| Année civile | 365 jours |
| Moins les samedis et dimanches | 104 jours |
| Moins les fêtes légales tombant en semaine (cas général, 2026) | 9 jours |
| Moins cinq semaines de congés | 25 jours |
| Moins les arrêts, hypothèse basse | 5 jours |
| Moins prospection et administratif, hypothèse de 20 % | 44 jours |
| Moins la formation | 5 jours |
| Jours facturables retenus dans cet exemple | 173 jours |
Dans le cas général, 9 fêtes légales tombent en semaine en 2026 ; l’Assomption et la Toussaint tombent le week-end et sont déjà incluses dans les 104 samedis et dimanches retranchés. L’Alsace-Moselle et certains territoires ont des fêtes supplémentaires. Les autres lignes sont des hypothèses : remplacez-les par vos chiffres de l’an dernier dès que vous en avez.
Quel tarif pour quel revenu ?
Le tableau suivant applique la formule à une activité libérale non réglementée en micro-entreprise, au taux de 25,6 %. Il ne dit rien de ce que paie votre marché : il dit seulement ce qu’il faut facturer pour atteindre un revenu donné, avant impôt sur le revenu et avant charges d’exploitation.
| Revenu visé avant impôt | Chiffre d’affaires nécessaire | Tarif sur 170 jours | Tarif sur 140 jours |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 40 323 € | 237 € | 288 € |
| 40 000 € | 53 763 € | 316 € | 384 € |
| 50 000 € | 67 204 € | 395 € | 480 € |
| 60 000 € | 80 645 € | 474 € | 576 € |
Deux lectures utiles. La colonne à 140 jours remplace avantageusement la marge de sécurité ajoutée au doigt mouillé : elle chiffre directement ce que coûte une année creuse. Et le seuil du régime micro n’est pas loin : pour les prestations de services, il est de 83 600 € de chiffre d’affaires pour les revenus perçus en 2026, apprécié sur 2025 ou 2024 selon la fiche officielle du régime micro.
Un exemple complet
Une consultante indépendante en micro-entreprise, activité libérale non réglementée, vise 45 000 € de revenu avant impôt et estime ses charges d’exploitation à 6 000 € pour l’année : assurance professionnelle, outils, matériel, formation.
- Somme à couvrir après cotisations : 45 000 + 6 000 = 51 000 €.
- Chiffre d’affaires nécessaire : 51 000 ÷ (1 − 0,256), soit 68 548 €. Vérification : 68 548 × 25,6 % = 17 548 € de cotisations, il reste bien 51 000 €.
- Sur 170 jours facturables : 68 548 ÷ 170 = 403 € hors taxes par jour.
- Sur 140 jours seulement : 68 548 ÷ 140 = 490 € hors taxes par jour.
L’écart entre 403 € et 490 € est l’exacte mesure du risque de creux d’agenda. C’est cette fourchette qu’il faut avoir en tête en négociation, pas un chiffre unique. L’impôt sur le revenu reste à payer sur le bénéfice après abattement, et n’est pas compris dans ce calcul.
Quelles erreurs évitent un mauvais tarif ?
- Compter 220 jours facturables. Vous ne facturez pas les jours de prospection, de devis, de relance et de comptabilité.
- Confondre chiffre d’affaires et revenu. Les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé, pas sur ce qu’il vous reste.
- Oublier l’impôt sur le revenu. Il vient après les cotisations et n’est jamais compris dans les taux ci-dessus.
- Ne pas provisionner les charges d’exploitation. Assurance, outils, matériel et formation se paient que la mission tombe ou non.
- Facturer le même tarif quelles que soient les conditions. Urgence, déplacement, astreinte et exclusivité se chiffrent, à condition de l’écrire au devis.
Sur le dernier point, les conditions générales entre professionnels et les frais de déplacement sont les deux endroits où cette règle s’écrit une fois pour toutes.
Où trouver des repères de marché ?
Nous ne publions pas de grille de tarifs par métier : les chiffres qui circulent proviennent de panels non comparables entre eux, portent sur des années différentes et deviennent faux en quelques mois. Reprendre une médiane sans son échantillon, sa date et son périmètre géographique ne vous aide pas à négocier.
Trois repères que vous pouvez vérifier vous-même : les baromètres publiés par les plateformes de mise en relation, en lisant leur méthodologie et la taille de leur panel ; les offres réellement en ligne dans votre spécialité, qui affichent souvent une fourchette ; et vos propres missions passées, seul échantillon parfaitement comparable à votre situation.
Ce que Plune fait, et ce qu’il ne fait pas
- Votre prestation enregistrée une fois. Nom, prix unitaire, unité et taux de TVA se conservent dans le catalogue et se reprennent sur les devis et les factures.
- Les totaux. Plune calcule les totaux hors taxes, la TVA par taux et le total à payer à partir des lignes saisies.
- Ce que Plune ne fait pas. Il ne simule ni vos cotisations, ni votre impôt, ni votre tarif journalier, et ne publie aucune grille de marché.
Vos questions sur le tarif journalier
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