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Délais de paiement entre professionnels, ce que dit la loi

À défaut d’accord, le règlement est dû trente jours après la réception des marchandises ou l’exécution de la prestation. Si les parties conviennent d’un délai, il ne peut pas dépasser soixante jours après l’émission de la facture, ou quarante-cinq jours fin de mois lorsque la clause est expresse et non abusive.

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L’IA a été utilisée pour la préparation et la relecture de ce guide.

Illustration : l’échéance d’une facture.
Dans ce guide 10 repères

D’où vient cette règle ?

De la loi du 4 août 2008 de modernisation de l’économie, qui a plafonné les délais de paiement convenus entre professionnels. Ses règles vivent aujourd’hui aux articles L441-10 à L441-16 du code de commerce, réécrits par l’ordonnance du 24 avril 2019.

Elles s’appliquent aux relations entre professionnels, pas aux particuliers. Un client consommateur relève de son contrat et du code de la consommation : ni plafond de soixante jours, ni indemnité forfaitaire de quarante euros.

Quels délais s’appliquent ?

L’article L441-10 distingue trois situations, et une seule s’applique à un contrat donné.

Délai supplétif, à défaut d’accord

30 jours

Après la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation demandée.

Délai convenu, plafond général

60 jours

Après la date d’émission de la facture. Le dépassement est sanctionné même si le client l’a imposé.

Délai convenu, variante fin de mois

45 jours fin de mois

Uniquement si la clause est expressément stipulée au contrat et ne constitue pas un abus manifeste.

Le point de départ n’est pas le même selon le cas. Le délai supplétif court à compter de la réception des marchandises ou de l’exécution de la prestation ; le délai convenu court à compter de l’émission de la facture. Confondre les deux fait glisser l’échéance de plusieurs jours, et avec elle le point de départ des pénalités.

Soixante jours ou quarante-cinq fin de mois ?

Une facture émise le 12 mars illustre l’écart. Avec un délai de soixante jours après émission, l’échéance tombe le 11 mai. Avec quarante-cinq jours fin de mois, le décompte part du 31 mars et l’échéance tombe le 15 mai.

La variante fin de mois avantage donc le client pour les factures émises en début de mois, et le fournisseur pour celles émises en toute fin de mois. Elle n’est valable que si elle figure expressément au contrat. À défaut de clause écrite, c’est le plafond de soixante jours qui encadre l’accord, et le délai supplétif de trente jours qui s’applique si rien n’a été convenu.

Quels secteurs ont leurs propres délais ?

L’article L441-11 fixe des délais dérogatoires, impératifs, qui l’emportent sur toute négociation. En voici cinq parmi les dix que le texte énumère ; les autres visent l’agroéquipement, les articles de sport, la filière du cuir, l’horlogerie et la joaillerie, et le commerce du jouet.

Achats concernésDélai maximal
Produits agricoles et alimentaires périssables, viandes congelées ou surgelées, poissons surgelés, plats cuisinés, conserves de produits périssables30 jours après la livraison
Bétail sur pied et viandes fraîches dérivées20 jours après la livraison
Boissons alcooliques passibles des droits de consommation30 jours après la fin du mois de livraison
Transport routier de marchandises, location de véhicules, commission de transport, transit30 jours après l’émission de la facture
Achats de produits agricoles non périssables60 jours après l’émission de la facture

Les marchés publics ne relèvent pas de ces articles mais du code de la commande publique, avec leurs propres délais selon la nature de l’acheteur. Vérifiez la règle applicable dans le cahier des charges plutôt que de transposer le plafond commercial.

Que doit le client en retard ?

Dès le lendemain de l’échéance, sans mise en demeure, deux sommes s’ajoutent au principal.

Exemple chiffré, avec son hypothèse

Exemple fictif : une facture de 5 000 € TTC reste entièrement impayée pendant quarante-cinq jours après son échéance, au cours d’un même semestre. En l’absence de taux convenu, supposons un taux de refinancement BCE de 2 % au début de ce semestre, soit 12 % l’an après la majoration de dix points. Ces 2 % sont une hypothèse, pas l’annonce du taux en vigueur.

Pénalités : 5 000 × 12 % × 45 / 365 = 73,97 €. Indemnité forfaitaire : 40 €. Total dû : 5 113,97 €.

Ce chiffre n’a de valeur que pour l’hypothèse retenue. Pour le taux supplétif, retenez la référence au 1er janvier ou au 1er juillet selon le semestre concerné. Un taux convenu doit respecter le plancher de trois fois le taux d’intérêt légal. Si le retard couvre plusieurs périodes de taux ou si un règlement partiel intervient, adaptez le calcul au solde restant dû et à chaque période.

Que faut-il écrire sur la facture ?

L’article L441-9 impose de faire figurer la date à laquelle le règlement doit intervenir, les conditions d’escompte applicables en cas de paiement anticipé, le taux des pénalités exigibles le jour suivant cette date, et le montant de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Les mêmes informations figurent dans les conditions de règlement, au titre de l’article L441-10.

Un bloc lisible suffit : la date d’échéance en clair, le taux retenu et sa méthode de calcul, l’indemnité de quarante euros, et la mention que ces sommes sont dues de plein droit sans rappel. Écrire « pénalités selon la loi » n’exécute pas l’obligation, puisque ni le taux ni l’indemnité n’apparaissent.

Que risque celui qui paie trop tard ?

L’article L441-16 prévoit une amende administrative d’au plus 75 000 € pour une personne physique et de deux millions d’euros pour une personne morale, pour le dépassement des délais comme pour l’absence des mentions exigées ou un taux de pénalité non conforme. En cas de réitération dans les deux ans suivant la date à laquelle la première décision de sanction est devenue définitive, ces plafonds passent à 150 000 € et quatre millions d’euros.

Le même article interdit toute clause ou pratique ayant pour effet de retarder abusivement le point de départ des délais, par exemple une procédure de validation interne sans terme. La décision de sanction peut être publiée, ce qui pèse souvent plus lourd que le montant.

Les manquements aux mentions de facture de l’article L441-9 relèvent d’une amende distincte, d’au plus 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale.

Comment relancer en pratique ?

  1. Le jour de l’échéance. Rien à faire : les pénalités courent de plein droit. C’est le moment de vérifier que la facture a bien été reçue et enregistrée par le client.
  2. Dans la semaine qui suit. Un rappel factuel, avec la copie de la facture, son numéro et sa date d’échéance. La plupart des retards s’arrêtent là.
  3. Deux semaines après. Une relance ferme, qui rappelle le taux de pénalité applicable et l’indemnité de quarante euros.
  4. Un mois après. Une mise en demeure par lettre recommandée avec avis de réception, qui fixe un délai précis et annonce la suite.
  5. Ensuite. La procédure d’injonction de payer devant le tribunal compétent, dont les conditions et frais de greffe sont détaillés sur la fiche officielle, ou un recouvrement amiable confié à un professionnel.

Les pénalités de retard suivent un traitement comptable et fiscal propre : faites-le préciser par votre expert-comptable, notamment sur la période de rattachement et sur leur situation au regard de la TVA.

Ce que Plune fait, et ne fait pas

Questions fréquentes

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